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Dans l’opération d’assurance traditionnelle, plusieurs principes fondateurs techniques et juridiques heurtent de front la Charia, à savoir le fait de se prémunir contre l’incertitude, la possibilité de pouvoir percevoir un capital d’un montant supérieur aux primes versées et la mutualisation des risques assortie d’une perte des fonds payés, en cas de non – réalisation du risque.
En d’autres termes, la loi islamique bannit dans ce contexte assurantiel, notamment l’usure, l’aléa et la spéculation.
Afin de contourner ces prohibitions de source sacrée, l’assurance islamique met au cœur de son architecture la notion de « donation », vue à travers le prisme de l’entraide entre les différents assurés.
Dans une construction contractuelle de type « takaful », l’assuré fait clairement don à la compagnie d’assurance, de tout ou partie de la prime versée en couverture de sinistres. Il partagera ainsi les risques et la prise en charge commune de la responsabilité en cas de sinistre. Les primes versées resteront donc finalement la propriété de l’assuré en fonction des besoins de la compagnie.
L’assurance islamique peut ainsi se comparer avec le mouvement occidental de la mutualité, et notamment avec la mutuelle à cotisations variables. La mutualisation des risques va de pair avec la mutualisation des « donations » consenties par les assurés, afin de se prémunir contre le risque. L’absence de recherche de but lucratif est également un corollaire fondamental.
La formule de Monsieur Jean–Paul Roux, (in La Tribune de l’Assurance, avril 2007, numéro 111, page 44) est à cet égard fort éclairante sur les spécificités intrinsèques de l’assurance islamique : « Nous développer selon le modèle de l’assurance islamique nous permet de remettre l’assuré au cœur du processus de l’indemnisation. Il faut montrer que l’assurance sert à quelque chose, alors qu’ici elle est souvent perçue comme une taxe dont il faut s’acquitter pour avoir le droit de rouler en voiture. »
Valérie K. |